TOULOUSE. Un certain mois de novembre, un certain mardi soir, un certain Zénith.
Sept ans que je les vénère, trois que je les guette avec plus ou moins de patience. C'est qu'ils se font languir, les bougres...
Pour au final passer quelques temps dans le froid, à manger des sandwiches au thon en bonne compagnie tout en vérifiant toutes les soixante secondes si bordel, j'ai pas oublié/perdu/mangé les tickets au moins. Galérer à trouver une bonne place assise. Boire une bière lambda à 2,50¤. Trainer au rayon merchandise. Louper un battement de coeur à la moindre entrée en scène - Ah ben non, c'est juste la première partie, groupe de merde en passant - pour avoir les tympans qui frétillent aux premières notes de Speak in Tongues. Etre outrée par la mollesse révoltante du public et rejoindre rapidement la fosse (tout en galérant à franchir la barrière de sécurité) (Toi aussi, sois un warrior et fais de l'acrobatie dans le noir absolu en étant aussi souple qu'un saucisson sec). Applaudir à s'en faire des bleus. Hurler tant et plus, et être fière comme un pou de connaître chaque parole sur le bout des doigts. Faire fi du regard outragé de mon voisin de fosse (Quoi, t'es pas content parce que je suis pas raide comme un piquet? Je suis pas d'ici tfaçon, j'temmerde connard.) Admirer le petit dernier et se dire qu'il est tout mignon comme un rhododendron. Se déchaîner sur the Bitter End. S'exploser les tympans sur Special K. Vibrer sur Meds. Aimer un peu plus Julien. Vénérer la voix de Molko. Ressortir en nage, les tympans bourdonnants.
Et se dire que putain, ça vallait mille fois le coup.
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